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En route vers Pâques21 mars 2010 « Une seule chose compte: oubliant ce qui est en arrière et lancé vers l’avant, je cours vers le but…» (v.13-14) Le Carême est une marche vers Pâques. La deuxième lecture, en Philippiens, nous donne le témoignage d’un grand marcheur, Paul de Tarse. C’est même plus qu’un marcheur, c’est un coureur! Paul a beaucoup marché, au sens immédiat, sur les routes de l’Empire romain pour annoncer l’évangile et pour soutenir les nouvelles communautés de chrétiens. Mais aussi, il a utilisé l’image de la marche et de la course, de façon privilégiée, pour parler de l’expérience spirituelle, celle de la foi en Jésus Christ. C’est sur la route de Damas que Paul a vécu une rencontre transformante, celle de Jésus le ressuscité. Le récit qu’en a fait Luc dans les Actes est bien connu. Mais ici, nous avons accès aux paroles mêmes de Paul, comme en quelques endroits dans ses lettres. Comment en parle-t-il, quel langage emploie-t-il pour décrire cette expérience qui fut un tournant dans sa vie? Il a été saisi par Jésus Christ. Le bien suprême est la connaissance de Jésus Christ, mon Seigneur. Il s’agit d’une expérience relationnelle, intime, et très personnelle. Au cœur de cette rencontre, le visage du Christ qui est souligné est celui du mystère pascal: sa mort et sa résurrection, la communion à ses souffrances et à sa résurrection. Nous sommes vraiment, avec Paul, en marche vers Pâques. Cette expérience n’est pas la conclusion d’une démarche ou l’arrivée à bon port. Elle envoie sur la route, elle met en marche. Pour Paul, ce n’est pas une randonnée tranquille mais un mouvement vif en avant: il poursuit sa course pour saisir le Christ; oubliant ce qui est en arrière, il court vers le but. Il s’agit moins d’une marche que d’une course, avec son dynamisme, avec ses obstacles et ses appuis. Le chemin est long, l’horizon est devant nous pour avancer avec élan. Dans ses lettres, Paul a utilisé des images sportives pour parler de la vie chrétienne: la course, la lutte, la couronne de la victoire, le monde des athlètes et du stade. C’est plutôt rare dans la Bible! Cela dit une attention à la culture où il annonçait l’Évangile: la culture grecque qui a vu naître les Olympiques et où les gens étaient friands de sports. Cela lui a permis de souligner les efforts à faire pour tenir dans la foi, l’entraînement que demande l’engagement chrétien. Dans notre culture actuelle, avec son intérêt souvent passionné pour l’univers sportif, cette approche de Paul est très intéressante et signifiante. Mais Paul ne fait pas qu’employer un langage qui peut rejoindre les autres. C’est aussi un langage pour lui-même, pour essayer de transmettre ce qui l’habite, comment il voit son parcours de vie. Quand il sera à la fin de cette vie, il parlera de son cheminement croyant avec le même langage: «Le temps de mon départ est arrivé. J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi» (2 Timothée 4, 6-7). Paul le coureur du Christ, qui ne se morfond pas dans les regrets et les regards en arrière, mais avance vers l’avenir avec espérance et énergie. Sa conversion est advenue sur la route et il est resté en route dans sa suite de Jésus Christ. Pour nous-mêmes, comme personnes, comme communauté, quelles sont ces routes où le Christ ressuscité peut être rencontré, où des signes de sa présence sont offerts au regard croyant, espérant et aimant? Quels pas en avant suis-je appelé-e à faire pour tenir et grandir dans ma foi en Jésus Christ? Quels déplacements avons-nous ensemble à opérer pour ne pas stagner, pour aller de l’avant? Paul nous invite à nous mettre en route vers Pâques, mais avec élan, au pas de course, dans une espérance fondée sur une rencontre personnelle qui n’est jamais terminée. Quand un mystère nous a saisis de l’intérieur, l’horizon n’est plus le même: il est ouvert. Daniel CADRIN |
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