|
|
||
|
|
|
|
|
Comme les étoiles15 novembre 2009 « Les sages brilleront comme la splendeur du firmament, et ceux qui sont des maîtres de justice pour la multitude resplendiront comme les étoiles dans les siècles des siècles » (v.3) L’évocation cosmique du livre de Daniel peut rejoindre la sensibilité de nombreuses personnes de notre époque qui se nourrissent spirituellement d’ésotérisme et de science cosmique. Même un air connu de Robert Lebel parle ainsi: « Quand l’un d’eux quitte la terre pour gagner la maison du Père, une étoile naît dans les cieux… » Effectivement, affirmer la résurrection des morts ne va pas de soi. Le vocabulaire nous laisse dépourvus. L’apôtre Paul, beaucoup plus tard que le prophète Daniel, utilisera l’expression «corps spirituels» pour parler des êtres après la résurrection. C’est donc à l’aide d’images de lumière et de paix qu’on s’efforce de décrire la condition des êtres passés de la vie humaine à la mort. Dans la foi au Christ mort et ressuscité, les croyants de foi chrétienne parlent de passage de la vie à la vie éternelle. Ce n’est pas rien à recevoir de la part d’esprits modernes formés à l’observation scientifique. Accepter le concept de la résurrection, de la vie après la mort, du bonheur dans l’au-delà, sans contrainte matérielle et sans limite de temps, relève du domaine de la foi et non de la science. Cette croyance, partagée avec d’autres cultures et d’autres religions, est fondée pour les chrétiens dans la foi en la Parole de Dieu et dans l’expérience de Jésus de Nazareth, mort et ressuscité. Croire que Dieu s’est reconnu dans cet homme, dont on ne peut sérieusement nier l’existence et qu’il l’a ressuscité pour l’asseoir à sa droite dans la gloire, ouvre pour les chrétiens une brèche de sens porteuse de grande espérance. On ne meurt pas pour mourir, pour finir. On meurt pour vivre, pour partager la vie en communion avec Dieu, pour s’accomplir dans la vie éternelle, pour participer à la nature de Dieu qui est Lumière et Amour. Ces convictions de foi sont bien abstraites et rejoignent assez peu le besoin de sens des gens dans la culture actuelle. Force nous est de reconnaître que la foi est un don de Dieu et que l’on peut difficilement expliquer les raisons d’adhérer à la révélation biblique de Dieu. Par ailleurs, il est fréquent de constater les bienfaits que la foi en la résurrection des morts procure aux personnes en deuil d’un être cher ou aux personnes en phase terminale. Les adieux deviennent des au revoir. Les départs comportent également des retrouvailles. Les séparations ne sont plus définitives et les absences sont meublées de nouvelles formes de présence. Croire en la résurrection des morts avec le Christ n’enlève pas toute forme d’inquiétude, de questionnement, de doute chez les croyants. Est-ce bien vrai tout cela? C’est la question que la vieille maman de Fernand Dumont lui a posé sur son lit de mort. L’universitaire émérite, et lui-même grand croyant, avoue que c’est la question la plus grave à laquelle il eut à répondre de toute sa vie. Il écrira d’ailleurs: « Quand viendra le temps de partir […] je fermerai les yeux de la mémoire, tendu dans l’attente de la lumière, transi de tenace espérance, l’âme enfouie dans ses feuillages, ses heures résignées en un vaste songe, j’abandonnerai ma main consolée dans la tienne, ce sera le matin[…], je pense. » La résurrection du Christ et l’espérance de la nôtre relèvent de la foi. Cela demeure vraisemblable. Comment les disciples de Jésus ont-ils pu en témoigner? Leurs convictions du Vivant ne peuvent être hallucinations ou légendes. Elles les conduiront au martyr. Ces convictions partagées durant des siècles par des hommes et des femmes de grande intelligence ne sont pas que des naïvetés ou des fadaises. Un artiste disait à la télévision: «Je ne sais pas si je crois, si j’ai la foi, mais je sais que je crois en bien des gens qui l’ont.» Le témoignage des croyants à la suite de celui des disciples donnent une vraisemblance à la foi en la résurrection. Mais on connaît si mal notre condition dans l’au-delà, on est si dépourvu pour en imaginer les caractéristiques, qu’on ne peut s’étonner que tant de gens en doutent, alors que d’autres font confiance en s’abandonnant à l’inconnu. Après tout, j’aime bien la réflexion de Gilles Vigneault: « La vérité ne sait naître et grandir que dans la forêt des incertitudes. » Gabriel GINGRAS |
|
| activités | calendrier | centre | documents | nouveautés | Présence
Magazine © 2009 www.cebl.org 2009
|
||