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Cette chronique est une gracieuseté de Présence Magazine 125 (2007). |
L’espérance « dans mon grand panier de détresse » 25 décembre 2007 « L’Ange du Seigneur s’approcha, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. » (v. 9) Que de gens rêvent d’un Noël tout blanc dans nos contrées nordiques! Et souvent, Noël est pluvieux, grisâtre ou verglacé! J’aime bien cette réflexion de Félix Leclerc écrite en 1968:
Je n’ai jamais oublié ce Noël de 1966, où, à Saint-Michel de Bellechasse, la tempête s’était élevée au cours de la soirée au point que les gens des rangs avaient peine à retourner chez eux, après la messe de minuit. Au matin du 25 décembre, toutes les routes étaient bloquées. À l’hôpital Notre-Dame-de-Lourdes, ce matin-là, c’était la désolation. Les malades n’auraient pas le baume de la visite tant attendue, le personnel infirmier devrait faire un autre horaire de travail malgré la fatigue et la déception de ne pouvoir fêter en famille. Le vent, venu de loin, soufflait de façon macabre dans les chambres de ces malades encore plus tristes et désolés que d’habitude. Après avoir distribué la communion aux résidents, je faisais la tournée des chambres pour les saluer et leur souhaiter «Joyeux Noël». Bientôt, je me sentis ridicule devant ces personnes affligées par la situation de ce triste Noël. J’ai vite transformé ma formule de «Joyeux Noël» en «je vais venir cet après-midi passer Noël avec vous». Cadeau de la présence, pour lequel je n’avais aucun mérite puisque moi aussi, j’étais prisonnier du mauvais temps et empêché de visiter ma famille. Mais quel Noël nous avons passé à chanter, à jouer aux cartes, à nous réconforter mutuellement, à nous sentir utiles et valorisés dans un service où le don devenait échange. Qui d’entre nous n’a pas vécu un Noël ou l’autre, semblable expérience? Mais les Noëls les plus tristes sont souvent les plus beaux… et les plus pauvres sont parfois les plus riches. C’est la lumière dans les ténèbres, c’est l’inattendu d’une présence dans l’absence, c’est l’incarnation du Dieu des pauvres, c’est Dieu parmi nous, l’Emmanuël. C’est l’oasis dans le désert ou «l’espérance dans le grand panier de détresse». En ce Noël 2007, il y a la détresse de tant de peuples, de tant de familles, de tant d’individus. Détresse de la guerre, de la maladie, de l’abandon, de la mort. Et l’espérance d’un Dieu au cœur de nos détresses! De qui nous ferons-nous proches? Auprès de qui serons-nous présents pour qu’il y ait l’espérance au cœur de la détresse? Comme le chante Claude Gauthier: «Ce qu’il faut de tendresse pour que naisse l’espoir!» Qu’au cœur de la nuit du monde, il y ait place pour la voix de Dieu, elle parle d’amour et non de haine, de paix et non de guerre. Qu’au cœur de nos nuits personnelles, il y ait la lumière de l’espoir apporté par Dieu qui se fait proche, fragile et rassembleur comme un enfant. Vous connaissez peut-être l’allégorie des quatre bougies. L’une s’appelait l’amour, mais il y a tant de difficultés à aimer, il y a tant de haines, de vengeances, doucement la bougie s’est éteinte. L’autre s’appelait la foi, mais il y a tant de méfiance, tant de scepticisme, il n’y a plus de place pour la confiance et l’abandon, alors cette deuxième flamme s’est également éteinte dans la nuit. La troisième s’appelait la paix, mais il y a tant de rivalités, d’exploitations, de violence et de guerres, elle aussi s’est éteinte. Ne restait qu’une chandelle dans la nuit. Voilà qu’un petit enfant s’amène. Oh! Il ne reste que cette seule petite flamme, c’est triste. Non, dit la quatrième bougie, prends-moi, rallume les trois autres car moi je suis l’espoir. Noël au panier de détresse, peut-être. Tout dépend du regard. Noël d’espérance, peut-être! Tout dépend de nous! GABRIEL GINGRAS
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