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Cette chronique est une gracieuseté de Présence Magazine 113 (2006). |
Je donne ma vie 7 mai 2006 « Le vrai berger donne sa vie pour ses brebis. » (v. 11) Lu dans la suite de lévénement pascal, le texte de lévangile de Jean se présente à nous comme une révélation et une réflexion sur qui est Jésus. Révélation et réflexion en deux temps. Dabord, qui a été Jésus en sa vie terrestre; puis, qui il est depuis la résurrection. Révélation et réflexion qui se résument en une brève formule : il est celui qui donne sa vie. Pas moins de cinq fois revient, en ce texte cette expression : donner sa vie. En sa vie terrestre, il a donné sa vie en étant comme le bon berger, le vrai pasteur tout entier dévoué au soin du troupeau qui lui a été confié. Contrairement au berger mercenaire, il na pas abandonné ses brebis quand les dangers se présentaient. Toujours les brebis ont compté pour lui. La marque du soin accordé aux brebis disons clairement les disciples : ceux et celles qui ont accepté de marcher à sa suite , cest le rapport de connaissance quil a établi avec eux. Rapport de connaissance qui implique, dans le langage biblique, lamour. Ses disciples lont connu et aimé parce que lui, le premier les a connus et aimés. Son amour la conduit jusquà donner sa vie pour eux, et à la donner librement, volontairement. « Ma vie, je la donne de moi-même. » Cest dire bien nettement le sens de sa mort qui a pour un temps déconcerté les disciples, les a forcés à chercher et découvrir que cette mort était le signe dun dévouement, dun amour pour leur sort et leur salut. Il a donné sa vie, il a donné la vie. Depuis sa résurrection, ce don de vie se continue et sélargit, au-delà du cercle des premiers disciples choisis et accueillis, aux dimensions du monde et du temps : « Jai dautres brebis [ ] celles-là aussi, il faut que les conduise. » Ces brebislà comptent pour lui et cest encore par des rapports de connaissance et damour quil les conduit. Il est devenu lieu de rassemblement et dunité. Lieu de rassemblement par sa personne toujours à découvrir et reconnaître. La mémoire qui est conservée de lui, que le rappel de sa parole, de sa vie, de sa mort garde vivante, qui est propagée par ses disciples de par le monde entier, opère le rassemblement. Lieu dunité dans lamour partagé entre lui et tous. Lieu dunité qui devient lien de communion avec le Père, parce que le don de sa vie pour les disciples fait entrer dans lintimité étroite quil vit avec le Père. Cette action, devenue sienne de par sa mort et sa résurrection, nest jamais complètement achevée. Il faut le relais que seuls les disciples peuvent assurer. Cest ici que nous sommes vraiment rejoints par le message quest pour nous cette révélation de qui est Jésus sous la figure du vrai berger. Une figure qui faut-il le rappeler na rien à voir avec quelque évocation bucolique et encore moins avec lidée du gardien dun troupeau de brebis sans intelligence. Dans la tradition dIsraël, le berger, le pasteur, cest le roi idéal que fut David qui sut être le protecteur et le guide de ses sujets dans les voies du Seigneur. Cest encore et surtout le Messie qui apporte le soin et le salut du peuple élu pour établir la communion avec Dieu et faire entrer dans la vie dun Dieu qui veut être connu et procurer le bonheur. Jésus est ce messie pour qui nous comptons puisquil nous a donné sa vie en sa mort et sa résurrection. Le pasteur encore qui guide vers la pleine lumière de la connaissance et de lamour. À nous de le reconnaître en la révélation qui nous est faite de lui. À nous dapprendre à mieux le connaître. Le connaître dans un rapport mutuel, lié à ce que nous sommes et vivons, où la connaissance nest pas que dintelligence et de raison, mais qui se peut déployer jusquen amour. Cette allégorie du berger et du troupeau, cest aussi et surtout le désir en nous, en nos gestes comme en nos paroles, dêtre à son image pour être le reflet de son don de vie. Une révélation, en cette allégorie, de qui est à jamais Jésus le Christ. De qui nous sommes désormais sous sa conduite. Des femmes et des hommes soucieux des autres, soucieux de faire la vie en soi et dans les autres. Soucieux dune unité, dune communion dans la foi comme dans lamour. Une unité toujours à faire, à laquelle nous sommes appelés à travailler mais que lui seul peut faire naître et achever. YVON-D. GÉLINAS |
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