url

photo

La Parole

 

ACTIVITÉSCALENDRIERCENTRENOUVEAUTÉS

 

index

Présence

Cette chronique est une gracieuseté de Présence Magazine 110 (2005).

Site internet de Présence

Retenir en son cœur…

1er janvier 2006
Année B : Sainte Marie Mère de Dieu
Luc 2, 16-21

 « Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait en son cœur. » (v. 19)

     Relisant cette page d’évangile, le souvenir de Laurence contemplant son petit Julien né il y a quelques heures remonte à ma mémoire. Après un long moment de silence, elle me dit en regardant son enfant et son époux avec émotion : « Dire que cet enfant vient de nous!… » Que de fois j’ai été témoin du profond silence de jeunes accouchées! Que de fois j’ai entendu de leur part un discours tellement semblable à celui de Laurence! « Je ne peux pas dire tout ce que je ressens. Je suis dépassée par la grandeur du mystère que porte cet enfant. Je ne trouve pas les mots… », disent-elles, encore dans l’étonnement de la douloureuse et grande expérience qu’elles viennent de vivre. Et cela explique bien que très souvent, alors que ceux et celles qui visitent la nouvelle maman et son nourrisson sont volubiles, elle est plutôt silencieuse. Elle porte en son cœur une parole d’amour qui a du mal à être dite dans le bruit, dans l’effervescence, dans l’excitation. Elle est saisie d’un désir d’intériorité. Sa pudeur, tout autant que sa communion à l’enfant à qui elle a donné vie, la porte à la plus grande discrétion.

     Marie a très certainement vécu une expérience semblable lors de la naissance de Jésus. « Elle retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur », nous dit Luc après avoir raconté l’annonce de la mystérieuse naissance aux bergers et la venue de ces derniers à la crèche. Quelle différence entre l’attitude de Marie et celle des pasteurs de Bethléem! Eux sont si fiers d’avoir trouvé l’enfant dans la mangeoire qu’ils racontent, probablement avec emphase, dans l’allégresse, comment ils ont appris la Bonne Nouvelle de la naissance du Sauveur (v. 11) et comment ils l’ont trouvé avec Marie et Joseph. Ils provoquaient l’étonnement des gens à qui ils faisaient part de leur expérience (v. 18). L’évangéliste insiste : les bergers « ont vu et entendu ce qui leur avait été annoncé ». Il entraîne le lecteur à l’admiration et à la louange du Seigneur en évoquant le retour des bergers « glorifiant et louant Dieu » (v. 20) à leur quotidien. C’est l’enchantement, le ravissement, l’euphorie.

     Marie, elle, est la femme au cœur qui fait mémoire (v. 19). Certes, elle est tout aussi émerveillée que les bergers devant ce qui vient de s’accomplir. Mais c’est dans le silence qu’elle communie à Jésus et à son Dieu qui lui a donné d’être mère. Le mystère de toute naissance, et donc celui de la naissance de Jésus, ouvre une brèche sur l’infini de Dieu. En cela, comme tout nouveau-né, Jésus peut mettre au monde sa mère. Il peut la faire naître au monde de Dieu. Peut-être le moment de cette naissance permet-il à Marie de revoir en sa vie ce qui lui permettra d’être la mère dont son enfant a besoin.

     Peut-être aussi ce moment permet-il à Marie de faire mémoire de la bonté de Dieu. Elle se souvient de ses dons, de sa gratuité, des bénédictions dont il l’a comblée et dont il a comblé son peuple. On peut penser que sa prière rappelait à Dieu ses bienfaits afin qu’il les renouvelle en faveur de son Fils, d’elle-même, mais aussi de tous ceux et celles que Jésus attire. N’est-ce pas là le sens du mémorial? Et la Marie de Noël qui « retient et médite en son cœur », n’est-elle pas celle qui fait mémoire des actions de Dieu dans l’histoire? Elle doit certainement approfondir le sens du Magnificat jailli de son cœur quelques mois auparavant. Elle doit le redire et le paraphraser.

     Ce que Marie conserve en son cœur n’a-t-il pas trait au désir de bonheur qui germe et se développe en tout cœur humain? Aspirer au bonheur sans fin, c’est, en définitive, rechercher le salut. C’est l’espérer pour soi et pour les autres. Or, dit l’évangile de Luc, le nom même que portera l’enfant est celui que l’Ange du Seigneur, c’est-à-dire Dieu lui-même, avait demandé à Marie de lui donner : Jésus qui signifie « Dieu sauve » (v. 21). Dans la mémoire de son cœur, Marie se souvient : Dieu a été, est et sera à jamais le salut pour toute personne de bonne volonté comme en fait foi Luc 2, 14.

     Alors que nous passons d’une année à l’autre, que conservons-nous en notre cœur? Quels sont nos motifs de reconnaissance? Au début de 2006, il fait bon offrir des vœux de bonheur. Comment ne pas, avec Marie, faire mémoire du meilleur que Dieu veut et accorde à nous-mêmes, à l’Église, à l’humanité entière? Que son projet d’amour s’accomplisse à jamais! Marie, mère de Dieu le demande pour nous et avec nous.

DENISE LAMARCHE
Longueuil

 

| activités | calendrier | centre | documents | nouveautés |

Présence Magazine © 2005
2715, ch. Côte-Sainte-Catherine, Montréal (Québec) H3T 1B6
téléphone : (514) 341-4817 • courriel:

www.cebl.org • 21 décembre 2005