url

photo

La Parole

 

ACTIVITÉSCALENDRIERCENTRENOUVEAUTÉS

 

index

Présence

Cette chronique est une gracieuseté de Présence Magazine 110 (2005).

Site internet de Présence

Ce n’est pas moi, c’est lui !

11 décembre 2005
Année B : 3e dimanche de l’Avent
Jean 1, 6-8. 19-28

 « Qui es-tu? Il le reconnut ouvertement, il déclara : “Je ne suis pas le Messie”. […] “Je suis la voie qui crie à travers le désert : Aplanissez le chemin du Seigneur…” » (v. 20 et 23)

     Rien de plus désagréable que de rencontrer quelqu’un qui se prend pour un autre. Sa prétention nous le rend insupportable très rapidement. Par ailleurs, des gens nous inspirent naturellement confiance par leur authenticité et leur humilité dans la vérité. C’est la situation de Jean Baptiste. Lorsque les feux de la rampe ou de la célébrité se fixent sur lui, il les dirige vers celui dont il est le précurseur. Ce n’est pas moi, c’est lui le vrai; je ne suis que la voix qui annonce la venue, je ne suis que le crieur; ne vous trompez pas, c’est lui que vous devez regarder et reconnaître comme le Messie tant attendu.

     Ce relais que Jean opère vers Jésus est source de joie en ce dimanche où la liturgie invite à se réjouir dans l’attente du Seigneur. « Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas… », proclame Jean Baptiste. Voilà la raison de se réjouir, de relever la tête, de tressaillir de joie dans le Seigneur! Et n’est-ce pas là le défi que les chrétiens ont à relever aujourd’hui comme au temps de Jean Baptiste : reconnaître aujourd’hui dans notre monde, lumière venue d’ailleurs, que l’on a peine à reconnaître, une présence du Christ que l’on a misère à discerner et la certitude d’une espérance qui est source de joie.

     Comment pourrions-nous aujourd’hui reprendre le cantique du Magnificat suggéré par la liturgie? Comment pourrions-nous être dans la joie alors que la préparation de Noël manifeste tellement que la dimension chrétienne de la fête est de plus en plus occultée par les impératifs commerciaux? Comment pourrions-nous « tressaillir de joie » sans nous fermer les yeux sur tant de souffrance, de pauvreté et d’iniquités sociales, que nos partages ponctuels du temps des Fêtes parviennent à peine à effleurer?

     Ce n’est que dans le Seigneur que l’on peut se réjouir; ce n’est qu’en discernant sa présence, et dans le pauvre et dans le bafoué, qu’on peut le reconnaître. Alors nos préparatifs de la fête prennent une autre dimension. Alors nos partages deviennent des gestes d’amour au nom de Jésus. Et notre charité inventive ne se contente plus du minimum pour nous assurer bonne conscience!

     Lorsque Jean Baptiste détourne l’attention de sa personne pour que l’on se fixe sur Jésus, il se centre sur l’essentiel, le seul qui compte, le seul qui peut nourrir les espoirs de son peuple. Saurons-nous reconnaître l’essentiel en ce Noël 2005? Une présence sans cesse dérangeante du Christ au cœur de notre monde; n’est-ce pas l’essentiel? Une présence du Christ chez tous les exclus et les démunis de ce monde en commençant par ceux et celles de notre entourage immédiat.

     Il est tellement plus facile de reconnaître Jésus dans les yeux brillants des petits enfants chantant Les anges dans nos campagnes que dans les yeux délavés et tristes à mourir des femmes et des hommes abandonnés, exploités, ridiculisés ou oubliés, qui n’ont pas le cœur à la fête.

     Un vieux cantique de Noël me hante de façon lancinante : « Il y a parmi nous quelqu’un, que nous ne connaissons pas. » C’est l’écho du prologue de l’évangile de Jean : « Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu. »

     Sans ouvrir nos cœurs, comment nos yeux sauront-ils voir au bon endroit, regarder à la bonne place, reconnaître la bonne personne et ressentir une joie intérieure que nul ne pourra nous ravir?

GABRIEL GINGRAS
Charny

 

| activités | calendrier | centre | documents | nouveautés |

Présence Magazine © 2005
2715, ch. Côte-Sainte-Catherine, Montréal (Québec) H3T 1B6
téléphone : (514) 341-4817 • courriel:

www.cebl.org • 7 décembre 2005