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Cette chronique est une gracieuseté de Présence Magazine 104 (2005). |
Ces femmes de Pâques... 27 mars 2005 « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères quils doivent se rendre en Galilée : cest là quils me verront. » (v. 10) Au moment où jessaie dentrer dans lintention de Matthieu annonçant la résurrection du Christ, japprends, avec une grande émotion la guérison dune amie soumise depuis plus de quatre ans à des traitements de chimiothérapie. Cela me parle de retour à une vie nouvelle, de lumière qui commence à luire en ce quon appelle le grand matin. Cette nouvelle qui vient de mêtre révélée me permet dentrer oh, si peu! dans létonnement joyeux des femmes de Pâques. Ces femmes venues au tombeau de Jésus étaient sans aucun doute affligées par la mort en croix quil avait subie quelques jours auparavant. De plus, elles doivent être craintives. Quel sort, en effet, pourrait-on réserver aux disciples de ce Maître dont elles étaient? Rien de rassurant non plus dans le tremblement de terre (v. 2) et dans ces images de bouleversement que présente Matthieu. Lintervention de lAnge du Seigneur le même qui avait rassuré Joseph en lui expliquant la grossesse de Marie et qui était lenfant quelle portait (Matthieu 1, 20) console les femmes du matin de Pâques. Il les enjoint de ne rien craindre à la vue du tombeau quelles trouveront vide. Bien plus, dans la plus grande sobriété, il leur révèle que Jésus est ressuscité (v. 5-6). Cest des femmes que lAnge soccupe et non pas des gardes qui, bouleversés par la secousse terrestre et par la vision de la pierre du tombeau roulée par le messager divin, « devinrent comme morts ». (v. 4) Cest bien à Marie de Magdala et à lautre Marie, celles-là même qui avaient assisté à lensevelissement du Crucifié (Matthieu 27, 61) que lAnge révèle le pourquoi du tombeau vide : « Il est ressuscité comme il lavait dit. » (v. 6) Ces femmes, parce quelles sont les intimes de Jésus, peuvent comprendre le message de lAnge. Elles peuvent entrer dans le mystère qui leur est annoncé. Elles peuvent saisir que la mort na pas eu le dernier mot de lexistence toute donnée de Jésus de Nazareth et que Dieu relève les siens, dussent-ils avoir été pendus au gibet. Lombre de la croix était déjà percée par la lumière de la résurrection. Cest bien le même Jésus qui avait été crucifié qui est ressuscité. Mais les femmes ne le voient pas encore. Elles ne voient, à linvitation de lAnge, que le tombeau vide. Elles doivent faire confiance à la parole de lAnge qui les charge dune mission. Cest ainsi, les femmes de Pâques nous permettent de le saisir de lintérieur : convaincues dune conviction de foi que le Nazaréen nest pas resté dans la mort, elles doivent en porter témoignage. LAnge du Seigneur les envoie révéler aux disciples de Jésus quil est ressuscité et les précède en Galilée (v. 7). Cest sur-le-champ quelles doivent partir pour accomplir leur mission. Ce nest pas quaux Onze quelles doivent annoncer la résurrection du Christ, cest aux disciples, à tous ceux et celles qui croient en lui et veulent vivre à sa manière au cur du monde. Ce quelles doivent encore annoncer, les femmes de Pâques, cest que cest justement en plein monde, en Galilée, la Galilée des nations, la Galilée des païens (Matthieu 4, 15) que Jésus précède ses disciples. Il est le Sauveur non seulement dIsraël mais de toute lhumanité. De la crainte, Marie de Magdala et lautre Marie passent à la paix et à la joie qui les font partir en toute hâte (v. 8). Cest dans laccomplissement de leur mission quelles rencontrent le Ressuscité qui les salue (v. 9). Ce quelles font alors, cest le geste que les mages ont posé devant Jésus enfant. Elles ont retrouvé Jésus, comme les mages avaient jadis retrouvé létoile. Comme eux, elles se prosternent avant dentendre la parole de Jésus tellement semblable à celle de lAnge (v. 10), sauf quici, le Ressuscité nomme du beau nom de frères ceux que lAnge avait appelés disciples. Parole de paix appelant à la confiance. Parole qui charge dune mission et confie un message lui-même prometteur dune bénédiction. Entre ladoration des mages (Matthieu 2, 1-12) et lenvoi en mission des disciples par Jésus lui-même (Matthieu 28, 19-20), tout lévangile de Matthieu est comme une enclave. Quand on cherche Jésus, comme les mages ou comme les femmes de Pâques, on le trouve. Quand on la trouvé, il faut souvrir davantage à la rencontre et répondre à lenvoi missionnaire auquel il convoque toujours. Le Ressuscité, ce Jésus de Nazareth toujours le même quoique différent nattire à lui les humains que pour les envoyer dans le monde, messagers de la Bonne Nouvelle. Les femmes de Pâques auraient-elles déjà perçu ce quil annoncera aux Onze : « Moi, voici que je suis avec vous tous les jours jusquà la fin des temps » (Matthieu 28, 20)? DENISE LAMARCHE |
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