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Cette chronique est une gracieuseté de Présence Magazine 92 (2003). |
Le mensonge de lapparence 9 novembre 2003 « Eux qui dévorent les biens des veuves et font pour lapparence de longues prières... » (v. 40) On pourrait traduire par: « là où lapparence
est reine, lauthenticité est enchaînée! »
Les versets bibliques de ce jour mettent en évidence une réalité
dont lampleur est pourtant manifeste. Qui peut nier le marché
des apparences de notre monde où lillusion est plus invitante
que la vérité. Pourtant, cette vérité donne
à lessentiel le pouvoir démerger de lombre.
Mais quest-ce que lessentiel dans un monde obnubilé
par la consommation et la domination du paraître? Le texte évangélique
daujourdhui nous invite sérieusement à réfléchir
à cette question. Qui sait! nous sommes peut-être aussi des scribes! Lorsque lextérieur est absolutisé et linsécurité inconsciente tellement massive, que le mensonge devient notre vêtement quotidien. On se cache derrière le pouvoir, derrière un masque de suffisance et infailliblement dintolérance. Intolérance envers les autres jugés différents. Intolérance envers les pauvres et les exclus. Intolérance envers ceux et celles qui pensent autrement. Intolérance envers ceux et celles qui adhèrent à dautres croyances ou dautres valeurs. Nombreux sont les lieux, si souvent voilés, où lintolérance sinstalle au nom de règles et de normes qui cachent le mensonge. Et que dire de lintolérance envers soi-même lorsque notre regard inquisiteur nous renvoie limage du sacro-saint miroir qui montre irrémédiablement notre vieillissement, notre finitude, nos failles et nos limites. Combien de gens sont malheureux dêtre tout simplement dans leur peau. Nest-ce pas une manière très pharisaïque de se juger? Il est vrai que tôt ou tard, nous sommes condamnés par leffet despotique de nos suffisantes prétentions. Cette condamnation ne vient pas dun Dieu perpétuellement mécontent qui nattend que le moment de punir. Le malheur provient de nous, de notre refus de sortir de lapparence qui, bien quexigeant tant defforts pour être maintenue, donne lillusion, en revanche, dêtre à labris des autres et faut-il dire, de soi... Revenons au texte biblique qui met en perspective la présumée générosité des supposés grands de ce monde. Ils sont comparés à la veuve dont loffrande consiste à donner ce qui lui est essentiel. Nest-ce pas un exemple qui met en lumière lauthentique générosité? En fait, la veuve fait le don delle-même et cest là que réside la confrontation pour les riches qui donnent de leurs avoirs superflus. La question de lêtre et de lavoir prend ici un sens, on ne peut plus clair. Par cet exemple, le texte évangélique nous ramène à ce qui est essentiel, à ce qui nous confronte le plus et surtout à ce que nous préférons ignorer. Cest une remise en question radicale de nos certitudes et surtout de nos comportements devenus automatiques et prévisibles. Cest une critique sévère de nos attitudes falsifiées qui engendrent lauto-suffisance et le mépris. Cest avant tout la révélation de ce quest véritablement linspiration de la Bonne Nouvelle! Sois toi-même, deviens qui tu es et ne te laisse pas gouverner par ce qui est trompeur. Lapparence est intransigeante et cest elle qui te condamne lorsque tu narrives plus à la satisfaire. Quil est libérateur ce message despérance! Nous pouvons déposer nos armures dont les chaînes sont devenues si lourdes, pour faire lexpérience dun affranchissement intérieur unique et combien bienfaisant. Nous navons pas à craindre puisque nous ne sommes pas seuls. Nous sommes aimés dune manière inconditionnelle et bien que nous pensions le contraire, nous navons, en fait, rien à perdre et tout à gagner. Mais ce gain ne saccumule pas dans nos coffres, il sagit dun gain de vie et celui-là na pas de prix! THÉRÈSE MIRON |
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