url

photo

La Parole

 

ACTIVITÉSCALENDRIERCENTRENOUVEAUTÉS

 

index

Présence

Cette chronique est une gracieuseté de Présence Magazine 90 (2003).

Site internet de Présence

Présence dans l’absence

1er juin 2003
Année B: Ascension du Seigneur
Marc 16, 15-20

 « Ils s’en allèrent proclamer partout la Bonne Nouvelle. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient. » (v. 20)

Je me souviens du discours de notre supérieur de collège lors de la prise de rubans, qui marquait le choix des professions des finissants du cours classique d’autrefois. « Vous partez, nous restons », était invariablement son point de départ. Jésus, quittant ses disciples, aurait pu dire: « Je pars, mais je reste. » En effet, le Christ ressuscité en quittant cette terre, assure de sa présence ceux qui regrettent son départ: « Je serai avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde; je ne vous laisserai pas orphelins, je vous enverrai l’Esprit Saint. » C’est ainsi que l’évangile de Marc se termine sur cette étonnante présence du Seigneur que les disciples ont pourtant vu disparaître à leurs yeux, mais qui continue à travailler avec eux et à confirmer la Parole par des signes merveilleux. C’est la présence dans l’absence, la présence continuée dans l’action des disciples, qui, par la force de l’Esprit, agissent au nom du Christ.

     Nous voilà au temps de l’Église, où le Christ agit à travers des médiations. À la suite des apôtres et des disciples de Jésus, de génération en génération, depuis deux mille ans, dans l’univers entier, la Bonne Nouvelle est annoncée. L’Esprit touche le coeur. Le Seigneur travaille toujours avec eux. Il fait encore merveilles.

     Voilà l’oeuvre de l’Esprit Saint, l’Esprit du Christ ressuscité: il anime l’Église pour qu’elle soit au coeur du monde, signe et instrument de salut.

     Parfois, on a peine à discerner cette présence. Quand les canons tonnent à l’horizon, quand le mensonge et la manipulation de l’information semblent justifier les pires injustices; quand les impératifs économiques semblent être les seules motivations des dirigeants de l’univers; est-ce que Dieu est toujours à l’oeuvre en notre monde? Est-ce que le mal ne progresse pas davantage que le bien? Est-ce que la haine n’écrase pas l’amour? Est-ce que la pauvreté ne se répand pas plus que le partage équitable des richesses? Où travaille-t-il le Seigneur de paix, de vérité, de justice et d’amour, en notre monde, sommes-nous tentés de dire si souvent?

     C’est dans la foi qu’on peut, malgré tout ce qui va mal, et même au coeur de ce monde bouleversé, discerner des hommes et des femmes de bonne volonté, dans tous les pays de l’univers et dans toutes les classes sociales; des gens qui se lèvent, quand les autres s’écrasent, pour dénoncer l’injustice et la violation des droits fondamentaux des humains. Ce sont eux qui, consciemment ou non, sont les mains et la voix du Christ travaillant aujourd’hui, pour bâtir le Royaume de Dieu en notre monde.

     Il est bon de se rappeler qu’au coeur des plus grands drames humains, dans la détresse et la souffrance d’individus, de familles et même de nations entières, la grandeur humaine s’exprime dans la compassion, la tendresse, le courage à côté de la haine, de l’irrespect et de l’exploitation. Le pire, depuis toujours dans l’humanité, côtoie le meilleur.

     Et le chrétien, tel un veilleur qui guette l’aurore, est à l’affût de tous ces signes du Royaume de Dieu. Parfois il les nomme dans sa prière, il les reconnaît dans l’action de grâces. Toujours, ces gestes aux couleurs d’Évangile soutiennent son espérance. Au temps des catastrophes, qu’il ne refuse pas de voir avec réalisme et lucidité, il cultive l’espérance têtue, dans l’attention aux signes du temps, car il sait que si le grain de blé ne tombe en terre, il ne porte pas de fruit. Et il croit, plus fort que tout, que Dieu n’abandonne pas ce peuple qu’il a choisi et qu’il aimera toujours. Son espérance n’est ni naïveté ni fuite de la réalité. Elle est fondée sur la confiance en une Parole qui ne passera pas. Elle est encore alimentée par une attention renouvelée à toutes les pousses de vie qui jaillissent au printemps promis à la suite d’un hiver trop rigoureux.

Et avec le psalmiste, il peut s’écrier:
« Dieu veille sur ceux qui le craignent
Qui mettent leur espoir en son amour.
Nous attendons notre vie du Seigneur:
Il est pour nous un appui, un bouclier.
La joie de notre coeur vient de lui,
Notre confiance est dans son nom très saint.
Que ton amour, Seigneur, soit sur nous,
Comme notre espoir est en toi. » (Psaume 32)

GABRIEL GINGRAS
Cap-Rouge

 

| activités | calendrier | centre | documents | nouveautés |

Présence Magazine © 2003
2715, ch. Côte-Sainte-Catherine, Montréal (Québec) H3T 1B6
téléphone : (514) 341-4817 • courriel:

www.cebl.org •  27 mai 2003