|
|
||
|
|
|
|
Cette chronique est une gracieuseté de Présence Magazine 86 (2002). |
Connaître et reconnaître... 15 décembre 2002 « Mais au milieu de vous se tient quelquun que vous ne connaissez pas: cest lui qui vient derrière moi [...]. » (v. 26b-27a) Pour reconnaître quelquun, il faut dabord le connaître. Il en va ainsi du Christ. Comment le reconnaître présent à notre vie si nous ne le connaissons pas? Le prologue du quatrième évangile donne à penser que Jean le Baptiste se trouve en présence de celles et ceux qui sont à la recherche du Messie. Et lui, qui baptise les personnes voulant se convertir dans leau du Jourdain, se défend bien dêtre ce Messie. Il ne se prend pas pour un autre, Jean: il nie même être Élie ou le grand Prophète (v. 21); il se dit simplement être la voix qui crie dans le désert pour appeler à la conversion selon la prophétie dIsaïe (v. 23). Mais que connaissons-nous du Christ qui nous permettrait de le reconnaître aujourdhui? Dès les 7e et 8e versets du prologue, Jean semble vouloir affirmer que Christ est Lumière et que celle ou celui qui veut en être le témoin doit lui rendre témoignage en tant que Lumière. Dès lors, relisant les expériences de notre vie, nous pouvons nous demander laquelle ou lesquelles de ces expériences nous ont permis une approche du mystère du Christ ou une rencontre avec lui. Quand nous relisons notre vie sous léclairage de lÉvangile, il nous arrive peut-être didentifier certains moments de notre histoire où la communion à une personne aimée nous a mis sur la voie de la communion au Seigneur tout aimant qui nous demande daimer comme lui nous aime. Il nous arrive peut-être aussi de réorienter notre vie en tenant compte de nos propres fragilités dont nous avons pris conscience ou encore de la fragilité de celle ou de celui qui, ayant eu besoin de notre aide, nous a fait nous souvenir du Christ appréciant laide de Simon de Cyrène. Il nous arrive peut-être encore de revivre une de ces tempêtes où nous avons cru chavirer, de faire mémoire du Christ apaisant les éléments de la nature et nous appelant à laventure du croire comme il y avait autrefois appelé ses disciples. Le Seigneur Jésus est présent à toute notre vie. Il se tient là où nous sommes. Attentif à nos souffrances et à nos douleurs comme à notre bonheur et à nos joies, nous le reconnaîtrons dans le vieillard dont les joues sont creusées par les larmes; dans la femme battue accablée de honte en même temps que de coups; dans lenfant au ventre creux. Nous le reconnaîtrons aussi dans les bénévoles assistant les personnes souffrant dans un hôpital; dans ces gens qui réclament le respect pour les autres blessés dans leur dignité; dans ces hommes, ces femmes, ces jeunes qui partagent leur avoir, leur savoir, leur pouvoir dans un effort de justice, de paix, de concorde. Un jeune couple avouait, lors de la préparation de la célébration liturgique de son mariage: « Ce pourquoi nous voulons célébrer notre mariage en Église, cest que nous sommes si convaincus de la présence attentive du Christ à notre histoire personnelle et à notre histoire de couple que nous voulons inviter les personnes qui nous sont chères à le remercier avec nous. » Laurence et Jean-François ont eu la chance de recevoir une éducation chrétienne. Ils ne sont pas des théologiens patentés mais cest au coeur de leur vie quils ont appris à connaître celui qui, vrai Dieu et vrai Homme, est Lumière de Dieu dans le monde. Cest au coeur de la quotidienneté de leur vie quils le reconnaissent. Connaître le Christ, le reconnaître, cela conduit normalement à en devenir le témoin. Car comment ne pas répondre à lamour de celui qui incarne en notre monde lamour de Dieu? Comment ne pas répondre à lappel de celui qui veut le bonheur de tous et de chacun? Comment ne pas marcher dans sa lumière alors que la nuit génère peurs et angoisses? Lauteur du quatrième évangile nous dit bien cependant que le Baptiste nétait pas la Lumière mais quil était venu pour lui rendre témoignage (v. 8). Or sa manière de rendre témoignage au Christ, cette Lumière, consistait à se reconnaître lui-même pour ce quil était: ni le Messie (v. 20), ni Élie, ni le grand Prophète (v. 21), mais seulement la voix qui, dans le désert, appelle à la conversion (v. 23). Cela nous indique assez clairement comment nous devons et pouvons porter témoignage au Christ: sans nous prendre pour la lumière car alors nous lui porterions ombrage, il nous faut approfondir notre connaissance du Seigneur et reconnaître sa présence dans les événements de notre vie comme dans les personnes que nous rencontrons sur notre chemin. Une vie toute simple, cohérente avec cette connaissance et cette reconnaissance ne pourra que porter témoignage à celui qui se tient au milieu de nous. DENISE LAMARCHE |
|
| activités | calendrier | centre | documents | nouveautés | Présence
Magazine © 2002 www.cebl.org 10 décembre 2002
|
||