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Cette chronique est une gracieuseté de Présence Magazine 82 (2002). |
Le Dieu des vivants 26 mai 2002 « Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique. » (v. 16) C'est dans la suite de l'entretien avec Nicodème que Jean place les paroles de Jésus que la liturgie de ce jour propose à notre réflexion. L'entretien avec Nicodème, au coeur d'une nuit, ce temps propice, selon la tradition rabbinique, à la méditation et au dialogue avec Dieu. Un entretien qui parle de l'Esprit de Dieu qui souffle où il veut et qui fait renaître la vie. Voici le climat dans lequel nous pouvons au mieux recevoir ces paroles de Jésus qui veulent nous dire « les choses du ciel ». Des choses du ciel qui sont cependant utiles pour cette terre, pour nous qui n'avons pas à échapper à ce monde terrestre qui est notre lieu. Les paroles de Jésus nous sont rapportées sur un ton solennel: elles veulent nous dire quelque chose de Dieu, de son dessein et de son rêve pour nous. Le dessein tout d'abord: « Dieu a tant aimé le monde » Et nous voici mis en confiance. Le Dieu dont il est question est un Dieu qui aime, qui prend souci de nous, qui veut pour nous la vie et le bonheur. Et puis voici qu'il nous est dit que pour accomplir ce dessein, Dieu « a donné son Fils, son unique ». Un Fils qui, aux jours de sa vie terrestre, nous a dit Dieu par ses paroles et ses gestes. Son départ ne nous a pas laissés seuls et livrés à nous-mêmes. L'Esprit demeure; il souffle sur nous et en nous, et nous pouvons entendre sa voix qui nous livre la même parole que celle que Dieu a prononcé de tout temps et que son Fils nous a rendue audible et signifiante. Dieu unique, trois fois saint, Dieu Trinité. Mais le texte de l'évangile de Jean ne veut pas que nous dire qui est Dieu, il veut nous amener à comprendre quelle est notre situation en présence de ce Dieu, devant lui. Le Fils, l'envoyé, est venu non pas pour juger le monde mais le sauver. Ce salut apporté au monde est la révélation de toute l'amplitude de la vie. Non plus une vie brève dans le cadre d'un horizon étroit, mais une vie qui peut éclater en éternité. Et nous voici comme Nicodème. Nous entendons des paroles dont le sens, en grande partie, nous échappe et nous ne pouvons, comme lui, que répondre: « Comment cela peut-il se faire? » Peut-être n'est-ce pas là la bonne question. Peut-être est-il plus important de tenter de voir ce que ces paroles ouvrent comme valeur et dimension à la vie telle que nous la connaissons présentement. Une vie qui a sens et avenir, qui recèle, au-delà des peines, un bonheur qui lui aussi a sens et avenir. Et puis encore cette autre révélation sur le jugement. Ce n'est pas Dieu qui, sévèrement, impitoyablement, nous épie et nous juge. Le jugement est remis entre nos mains. Jésus nous a montré le chemin et l'Esprit continue son oeuvre. C'est notre attitude face à cet enseignement et sous le souffle de l'Esprit qui nous juge. Tout tient à notre liberté et à notre responsabilité. Recevoir ou non la Parole et l'Esprit. Opter pour la vie offerte ou non. Peut-être est-ce trop nous demander que d'attendre la foi confiante et entière. Mais l'accord à ce message, en respectant nos difficultés, notre besoin de croissance progressive, gardant l'esprit et le coeurs ouverts et disponibles? Si c'est cela que signifie croire au Fils quand il parle de Dieu et de son dessein sur nous, ne serait-ce que dans un premier temps et avec la responsabilité de veiller à n'en pas rester là, en toute liberté, cela nous est possible. L'Esprit souffle où il veut, et nous pouvons nous livrer à ce souffle, nous laisser emporter par lui, même ne sachant pas trop d'où il vient et où il va. Ce que nous savons cependant, et ce texte de Jean nous le redit fortement, c'est que le Dieu de Jésus Christ est un Dieu qui non seulement est vivant, mais qui veut la vie et la vie pour nous: non pas la condamnation et le jugement, mais le salut. Et ce ne sont pas là des formules creuses. Inscrit - mieux: gravé profondément - sur la trame qui porte nos désirs, nos aspirations, nos amours, nos gestes même, il y a ce besoin de croire que notre vie n'est pas que d'un instant. Voici l'occasion offerte de croire qu'il en est bien ainsi. Celui qui nous dit « les choses du ciel » n'est pas un rêveur. Il a vécu comme nous, a vécu les mêmes espoirs que nous. À jamais, il est vivant avec nous: il nous a laissé son Esprit, nous a confié à lui. À jamais il nous répète que son Dieu et notre Dieu est Dieu des vivants. YVON-D. GÉLINAS |
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