|
|
||
|
|
|
|
Cette chronique est une gracieuseté de Présence Magazine 84 (2002). |
Devoir d'intégrité... et de discrétion 3 novembre 2002 « Faites donc [ ] mais ne vous réglez pas sur leurs actes. » (v. 3) Je m'étonne toujours de l'actualité de certaines phrases de l'Évangile: « Faites donc et observez tout ce qu'ils peuvent vous dire, mais ne vous réglez pas sur leurs actes, car ils disent et ne font pas [ ]. » Tiens! Cela ressemble à nos dictons: « fais ce qu'il dit, ne fais pas ce qu'il fait » et « grand parleur, petit faiseur ». Jésus nous met en garde contre l'hypocrisie. Il ne faudrait pas se sentir « correct » juste parce qu'on est chrétien, qu'on fait partie du monde civilisé, ni même parce qu'on est en règle avec les préceptes: messe dominicale, pratiques paroissiales reconnues. L'Évangile me suggère de ne pas me borner à dire, à rester en surface des règles. Comme Jésus lui-même dans son passage sur la terre, j'ai à reconnaître les autres comme des frères et des soeurs (donc comme aussi importants que moi dans la balance de Dieu) et les aider comme tels, en y mettant tout mon coeur. Il y a quelques années, des responsables d'action catholique nous répétaient: « Commencez par faire et faire avec avant de faire faire. » Si je me dis croyante, j'ai à actualiser cette foi. J'ai la responsabilité de lui donner des pieds et des mains, dans le concret de ma vie: être présente à ma famille, mes amis, mais aussi faire du bénévolat dans mon quartier ou ailleurs. J'ai à travailler avec les personnes qui sont placées sur mon chemin pour que la vie soit porteuse d'espoir, de justice pour chaque être humain. Quand je repense au passage de Jésus parmi nous, je suis frappée par le peu de crédit qu'il se donnait pour le bien, les miracles accomplis. Quand il guérissait quelqu'un, il ne disait jamais: « Regardez comme je suis bon, fin, intelligent » Il référait toujours à l'amour du Père et à ce que nous devions faire, par amour, les uns pour les autres. Il nous invite à faire comme lui: être à l'écoute du Père et faire le bien dans tous les détails de notre vie quotidienne, même les plus anodins. J'ai l'impression d'entendre Jésus remettre les pendules à l'heure: « Ne vous prenez pas pour d'autres! Ne vous enflez pas la tête avec les titres honorifiques; n'oubliez pas qu'il n'y a que Dieu qui mérite tous les honneurs! Vous êtes frères et soeurs les uns des autres: vos rapports mutuels doivent être faits d'entraide et de service. » Dans une société où les titres sont si importants, Jésus nous ramène à l'essentiel: l'accueil, l'accompagnement, le service des autres (et dans la discrétion, s.v.p. ) Il me semble que l'Évangile de ce dimanche m'appelle à travailler avec les autres plus que pour les autres. Cela me demande davantage d'humilité, de sens de l'écoute. Si je veux travailler avec l'autre, je dois « marcher dans ses souliers » pour mieux le comprendre. Je dois partir de lui, le respecter dans ses valeurs, ses façons de faire avant de (et même au lieu de) lui conseiller quoi que ce soit. Ce sera peut-être moins glorieux pour moi, mais ça a plus de chance de répondre à ses vrais besoins. N'est-ce pas que qu'ont fait les disciples de Jésus avec les Thessaloniciens? « Nous avons été au milieu de vous pleins de douceur [ ] Nous étions prêts à vous donner non seulement l'Évangile de Dieu, mais même notre propre vie, tant que vous nous étiez devenus chers » (1 Thessaloniciens 2, 7b-9.13). En d'autres termes, les disciples ont suivi l'enseignement de Jésus en accompagnant les Thessaloniciens dans la recherche des meilleures façons d'aimer et de servir Dieu. Il est significatif que Paul, Silvain et Timothée aient assumé leur survie et ne se soient pas mis à la charge de leurs hôtes. Cela me dit qu'ils ne se considéraient pas supérieurs, « au-dessus de ». Leur exemple nous incite à l'effacement, à la discrétion dans nos « bonnes actions ». Comme je le lisais quelque part, nos actes doivent parler plus forts que nos paroles. Le prophète Malachie nous révèle où puiser cet engagement envers nos frères: dans l'alliance que Dieu a faite avec les hommes, une alliance de vie et de paix (Malachie 1, 14b - 2, 1.2b.8-10). Ce pacte de Dieu avec nous est basé sur l'intégrité et la droiture. Dieu nous donne son amour; Il exige en retour l'authenticité, la recherche de la vérité. Ce que l'auteur dit c'est: « vos sacrifices sont futiles s'ils ne servent qu'à vous acquitter d'un rite, à sauver les apparences. Si ce n'est pas votre lien avec Dieu qui vous guide, vous cesserez de donner le meilleur de vous-même (l'offrande d'une bête tarée, quoi!) ». Je relis les trois textes. J'y vois que, au nom du pacte de son Père avec les hommes, Jésus nous invite à suivre la voie de l'amour « au service de » chaque être humain. Il nous met en garde contre notre propension à nous croire seuls détenteurs de LA vérité, il nous suggère de ne pas charger les autres de fardeaux que nous ne porterions pas nous-mêmes. Il nous invite à être authentiquement des frères pour chaque personne se trouvant sur notre chemin, et ce, dans plein de petits gestes du quotidien. ANNE VIGNEAU et ODETTE LEMIEUX |
|
| activités | calendrier | centre | documents | nouveautés | Présence
Magazine © 2002 www.cebl.org 29 octobre 2002
|
||