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Présence magazine
Cette recension est une gracieuseté de Présence magazine 123 (2007) p27.

 

Apprivoisement recommandé

par Jean-Claude Breton

Paul Tremblay
Prières au gré des jours
Ottawa, Novalis, 2007, 230  p.

On n’entre pas dans un livre de prières comme dans un roman; on ne l’habite pas de la même façon et on n’en sort pas avec les mêmes résultats. Assez de lieux communs. Vous allez croire que je vous cache quelque chose. Alors disons-le clairement: le livre de prières de Paul Tremblay n’exerce pas le même attrait immédiat que son écrit précédent1. Mais c’est normal pour un livre de prières!

Le livre est constitué de trois grandes parties inspirées par les fêtes liturgiques ou civiles, des textes bibliques, mais aussi par les événements et les saisons, sans oublier un petit groupe de prières courtes. Au début de chacune, quelques indications mettent la prière en situation: elle est pour telles personnes, elle s’adresse à telle situation, elle cherche à rejoindre tels besoins, et ainsi de suite. On retrouvera comme une sorte d’invocation à la fin, mais en caractères moins gras qui amènent parfois à oublier de les lire.

Puis la prière se déroule, dans une belle langue qui décrit plus qu’elle ne chante. Sans verser dans la liste d’épicerie, les prières se développent autour de nombreuses composantes, pas toujours unifiées. À les lire, on en vient presque à entendre comme des intentions de prière de l’eucharistie dominicale qui voudraient rejoindre une diversité de besoins et de préoccupations. L’auteur semble tellement à l’écoute des personnes avec qui il veut prier que nous ne retrouvons plus les accents poétiques de son essai sur la vie.
     Il s’agit de prières qui collent à la vie d’une communauté. Des prières d’Église à reprendre en Église en offrandes à la diversité des attentes et des besoins. Chaque prière garde quand même une unité bien indiquée par son titre et donc facile à utiliser.

L’utilisation

Pour l’usage personnel, on pourra lire ces textes selon leur identité et les laisser nous porter dans la prière. À l’usage, je crois qu’elles peuvent devenir des lieux familiers auxquels rattacher des pans de vie et les rendre priants. Il est toujours possible aussi de s’attacher à une section ou l’autre de chaque prière sans se sentir obligé d’aller jusqu’au bout. La prière peut se nourrir d’un seul paragraphe.

Pour l’usage communautaire, les alternatives se diversifient encore. On peut prendre une prière telle qu’elle est présentée et l’intégrer, par exemple, à la célébration de la fête nationale ou à celle de la fin de l’été. Les participants et participantes à la célébration communautaire sauront trouver leur profit et identifier le passage qui les concerne davantage.

Mais il est aussi possible d’en extraire des sections pour les intégrer à une autre démarche priante. Ainsi des propos de la Toussaint peuvent facilement trouver leur place dans la célébration des funérailles ou dans une prière au salon funéraire. Pour bien réaliser ces extractions, il va s’en dire qu’il est nécessaire de se familiariser avec le contenu des prières et donc de les avoir fréquentées personnellement.

Inspirantes

Démarche plus exigeante encore, on peut vouloir réécrire certains passages ou reformuler certaines intentions. Ces prières sont en effet bien inspirées et elles reflètent une théologie vivante sans oublier qu’elles renvoient à une bonne lecture socio-historique de la nation. En ce sens, elles sont pleines de vérités et d’idées qui peuvent inspirer d’autres mots et d’autres images pour les dire. Plus concrètement, je dirais que, dans leur expression actuelle, elles ne s’adressent pas à un groupe d’âge particulier. On sait, par ailleurs, comment les différences intergénérationnelles peuvent exiger de recourir à des expressions différentes. Ce qui fera vibrer un groupe d’adolescents peut «scandaliser» une assemblée de personnes âgées. Les prières de Paul Tremblay parlent à et pour une communauté chrétienne de tous les âges. Il n’y a donc pas d’inconvénients à les rendre plus «parlantes» pour un âge particulier, si les circonstances l’exigent et le temps le permet.

Un livre de prière inspirant, ce volume peut même aider le prêtre qui les prie individuellement à préparer une homélie. Les intentions mises de l’avant lui montreront le chemin à suivre pour parler à sa communauté et lui donner accès à l’évangile. Un livre priant, à condition d’y mettre le temps de l’apprivoisement…

1. Par delà l’automne: Essai sur la vie, Québec, Anne Sigier, 2005, 205 p.

 

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