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Maurice et Ginette
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S'il me manque l'amour Si je n'ai pas l'amour, s'il me manque l'amour, je ne suis rien. Sans doute avez-vous reconnus ici une phrase qui vous est familière. Elle est tirée de la lettre de Paul au Corinthiens (au chapitre 13), d'un texte, communément appelé l'Hymne à l'amour. Cette hymne est souvent lue pendant les mariages et en d'autres circonstances concernant le couple (fiançailles, anniversaire de mariage par exemple). Précisons tout de suite que ce texte n'est aucunement présenté, dans l'épître aux Corinthiens, comme un texte sur le mariage. Il se prête bien à l'événement, mais il s'adresse à nous tous, quelle que soit notre condition de vie. Nous sommes tous chercheurs d'amour, nous en sommes tous porteurs. La dernière fois que j'ai entendu ce texte, je me suis arrêté sur ce petit bout de phrase : s'il me manque l'amour. Et je me suis mis à penser que parmi les gens qui l'écoutait avec moi, il y en avait sûrement plusieurs qui étaient en manque d'amour. Je me suis attardé à penser à toutes ces personnes qui ont mal à l'amour. Bien sûr, je suis conscient de déformer le texte de Paul. L'amour dont il est question est celui que je porte à l'intérieur de moi-même, celui que je donne. Mais pour cet amour, ne suis-je pas aussi redevable de l'amour que je reçois? Et quand l'amour est brisé, bafoué? Quand l'amour est blessé, trahi? N'ai-je pas l'impression, alors, de n'être rien? Je me suis attardé à penser aux couples qui se font et se défont. Aux promesses qu'ils se sont faites et qu'ils ne tiendront pas, aux fidélités auxquelles ils se sont engagés et qui seront oubliées. Car c'est aussi une réalité d'aujourd'hui : le couple est fragile. C'est une réalité qu'on ne peut occulter. Aujourd'hui, plus qu'hier il me semble, le mariage est une aventure dans laquelle il y a un risque. Dans l'aventure du mariage je risque l'amour, le mien et celui de l'autre. Je ne peux que lui faire confiance comme lui me fait confiance sans autre assurance que l'amour que nous partageons. N'attendez pas de nous que nous vous donnions la recette d'un mariage qui dure. Nous ne l'avons pas. Tout au plus pouvons-nous nous permettre quelques réflexions. Ainsi, celle-ci, qui prend la forme d'une question, va peut-être vous surprendre. Aurions-nous oublié l'effort de l'amour? Question surprenante. Quand on s'aime il n'y a pas d'effort à faire, tout vient naturellement. Bien sûr mais... peut-on toujours vivre avec l'autre le parfait amour? Je vous le souhaite de tout coeur, mais dans la vraie vie, la réalité est tout autre. Inévitablement dans un couple il y a, il y aura, des pannes de sentiment, de ces moments où je ne sens plus le feu dévorant de l'amour que je porte pour l'autre ou que je reçois de l'autre. Paradoxalement, les couples qui ont passé à travers ces moments difficiles vous diront que c'est par surplus d'amour qu'ils en sont sortis. Cela suppose un effort, une volonté d'aimer. Personne ne dit que c'est facile, évident. Mais il semble que le couple en sorte plus fort, plus uni. Quand l'amour m'est enlevé, quand je risque de le perdre, c'est là que je dois redoubler d'amour. C'est là que je dois refuser de toutes mes forces de n'être rien. Il me reste toujours l'amour dont parle Paul, celui que, peu importe les circonstances, je porte en moi. C'est un amour extraordinaire et ordinaire, grand et simple. Il est celui des grandes envolées et aussi celui de chaque jour. Dans un couple, le véritable grand amour n'est-il pas celui de tous les jours ? J'oserais dire, le grand amour simple. N'est-ce pas la même logique qui s'applique dans ma relation à Dieu, si j'ai intégré cette dimension dans ma vie de couple? Dans notre relation à Dieu, le véritable grand amour c'est celui de tous les jours, le grand amour simple.
Ginette Simard |
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