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de Demain-Mariage

Décision et foi en l'autre

En fin de semaine dernière nous animions une session de préparation au mariage. Bien sûr, il y a été question des raisons qui ont amené des couples à vouloir se marier à l'église malgré, dans la majorité des cas, une vie commune déjà riche de plusieurs années. Alors qu'autour d'eux, ils se font dire de rester comme ils sont, ils décident quand même d'engager leur vie différemment dans le mariage chrétien. Ce qui nous a frappé auprès des couples présents à cette fin de semaine, c'est la maturité de cette décision mais aussi la conscience qu'ils ont de ses difficultés. Ces couples savent qu'ils prennent un risque en engageant leur vie l'un devant l'autre, pour la vie.

     Si bien qu'aujourd'hui, nous voulions vous entretenir de cette décision difficile de se marier. Décision qui implique la foi en l'autre certainement, mais qui demande aussi d'accepter une certaine part de risque. En effet, même si elle est réfléchie et éclairée, rien ni personne ne peut garantir que la décision que prends le couple sera, en toute certitude, la bonne.

     Tout en préparant notre billet pour aujourd'hui, nous sommes tombés sur un texte de Michel Quoist qui parle justement du sujet que nous voulions traiter, et qui en traite très bien. Si bien que nous avons décidé de vous le partager. Nous avons trouvé ce texte dans le livre Parle-moi d'amour, paru en 1985 aux Éditions Ouvrières (p. 153-154). Même s'il a été publié il y a plus de quinze ans, vous allez sûrement remarquer que le texte reste d'actualité.

     Dans ce texte, un disciple, ou peut-être l'auteur lui-même, s'adresse à un personnage appelé le Sage.

* * * * * * *
(…) même si les amoureux sont parfaitement « raisonnables », dis-je ; même s'ils s'entourent de toutes les garanties nécessaires, il reste toujours un risque.

- Heureusement, répliqua le Sage, redevenu subitement sérieux. Si par impossible, tout était mesuré, programmé, fixé d'avance, il n'y aurait plus d'amour. Car manquerait l'espace de liberté nécessaire, qui permet de se dire l'un à l'autre : «ensemble nous avons cheminé sérieusement, non pour profiter l'un de l'autre, mais pour nous connaître, nous estimer et juger si nous pouvions raisonnablement unir nos deux vies. Mais je ne connais pas tout de toi. Je ne sais pas ce que nous deviendrons demain. J'ignore quel sera le poids de nos peines et la douceur de nos joies. J'ai cependant décidé de te donner toute ma vie, car je m'en crois capable, et je te fais confiance, tu me donneras la tienne, puisque toi aussi tu le veux.»

Cette décision et cette foi en l'autre sont les preuves authentiques de l'amour.

- Mais elles n'évacuent pas le risque, soulignais-je une dernière fois.

- Je te l'ai dit, heureusement, car elles tueraient l'amour.

Vois-tu, ce qui est grave aujourd'hui, c'est que les hommes n'osent plus prendre de risques. Ils veulent au contraire être «assurés tous risques». Ils ne savent plus, ils ne veulent plus s'engager pour une vie entière. C'est un manque de maturité, une très grande faiblesse.

 

Si l'homme craint de marcher, qu'il ne lâche pas la main de sa mère,

S'il craint de tomber, qu'il reste assis,

S'il craint l'accident, qu'il laisse sa voiture au garage,

S'il craint l'escalade, qu'il demeure au refuge,

S'il craint que le parachute ne s'ouvre, qu'il ne saute pas,

S'il craint la tempête, qu'il ne lève pas l'ancre,

S'il craint de ne pas savoir bâtir sa maison, qu'il la laisse en plan,

S'il craint de se tromper de route, qu'il reste à la maison,

S'il craint l'effort, le sacrifice et l'avenir, qu'il renonce donc à vivre, et que peureux il se renferme et se recroqueville…

Alors…

Il pourra peut-être survivre, mais il ne sera plus un homme, car c'est le propre de l'homme de pouvoir raisonnablement risquer sa vie.

Il pourra faire semblant d'aimer, mais il ne saura pas aimer, car aimer c'est être capable et vouloir risquer sa vie pour les autres, pour un autre.

Il pourra engendrer, mais ne sera ni père, ni mère, car être père ou mère c'est, tel un grain en terre, accepter le risque suprême, de perdre sa vie pour que naisse l'épi.

* * * * * * *

     Nous vous laissons sur cette réflexion de Michel Quoist. Nous souhaitons aux jeunes couples qui pensent se marier, ou qui se préparent au mariage, de ne pas chercher à être assurés tout risque mais de prendre raisonnablement le risque d'engager leur vie par amour.

Ginette Simard
Maurice Brousseau

 

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