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Maurice et Ginette
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Tous deux ne feront plus qu'un Pour former un couple il faut quitter son père et sa mère. C'est une évidence. Je suis né dans une famille et je dois aussi mourir à elle pour naître à autre chose, pour naître à quelqu'un d'autre. Je dois quitter ma famille pour faire alliance avec celui-celle que j'ai choisi, avec celui-celle qui m'a choisi. Je dois quitter ma famille pour trouver une nouvelle identité dans la liberté. Tout acte d'amour, vraiment consenti, est un acte de liberté qui me lie à l'autre. Ce lien, c'est ma liberté engagée dans un serment de fidélité que je donne et que je reçois. Tous deux formons alors deux libertés qui s'appellent aussi NOUS. Tous deux nous marions nos libertés, sans les perdre, pour vivre dans cette nouvelle réalité. Deux mots, liberté et fidélité, disent des réalités du couple. Ou plutôt trois mots... Il faudrait ajouter le mot décision. Car il y a, qu'on le veuille ou non, une décision d'aimer, une décision de risquer ma vie avec l'autre. Une décision qui me porte et me supporte dans les moments difficiles que je vie avec l'autre. Une décision d'aimer par-dessus tout, une décision de réinventer l'amour avec l'autre à chaque fois que je dois redire le consentement du jour de notre mariage. Car le oui, il faut le redire souvent. Ce n'est seulement que quand j'aurai dis et redis oui que je saurai si je suis vraiment marié. Encore faut-il que le oui initial soit un vrai oui libre. Encore faut-il que j'en aie pris le risque. Le mariage aujourd'hui est une réalité bien difficile à dire, bien difficile à vivre. Surtout si vous optez pour le mariage chrétien. Pour s'y engager il faut, bien souvent, accepter de vivre le mariage malgré le peu d'appui et souvent le manque de compréhension de votre entourage: pourquoi vous marier alors que vous pourriez tranquillement vivre ensemble? sans rien demander à personne ? sans être obligé de vous engager publiquement? Mais le mariage n'est-il qu'un acte privé? Toute la société n'est-elle pas concernée par le mariage? Le mariage est un acte social, un acte qui crée la famille. Le mariage, la famille sont indispensables à la suite du monde. Se marier, c'est aussi quitter son père et sa mère: une façon imagée de dire qu'il vous faudra gagner votre pleine autonomie, qu'il vous faudra trouver votre véritable authenticité. Il faut aussi s'attacher à son épouse, à son époux. S'attacher: un mot qui fait peur mais un mot qui parle du lien que j'ai créé et dont je suis responsable. Et ce lien qu'il m'incombe de préserver, ce lien qui me lie à l'autre est un lien pour l'autre. Créer le lien c'est éprouver la capacité du don. Se marier aujourd'hui, et rester marié, c'est aussi résister à une façon légaliste de voir les relations de couple. À l'acte de droit comme solution de conflit dans un couple, l'amour chrétien oppose la genèse du oui créateur. L'acte créateur, celui qui a mis au monde notre couple marié est toujours là à saisir et à ressaisir. L'amour et le pardon sont des actes créateurs. Enfin, et c'est une autre difficulté pour aujourd'hui, il me faut sans cesse saisir et ressaisir la spécificité du mariage chrétien. À ce sujet, la réflexion pourrait être longue... Mais je crois qu'une seule question pourrait orienter la réflexion: est-ce que je sais reconnaître en l'autre la présence de Dieu pour moi? Ginette Simard |
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